Glossaire du drone professionnel : les termes techniques expliqués
Un devis ou un compte rendu de mission drone peut vite ressembler à une liste de sigles : GSD, RTK, orthophoto, nuage de points... Ce glossaire reprend les termes techniques les plus fréquents dans nos métiers, avec une définition simple et un exemple tiré de nos missions en Gironde.
Équipement : types de drones
Drone stabilisé
Drone équipé d’une nacelle stabilisée (gimbal) qui isole la caméra des vibrations et des mouvements du vol, pour une image fixe et fluide même en déplacement. C’est la configuration la plus répandue : elle sert aussi bien aux missions techniques ( photogrammétrie, thermographie, inspection de toiture), où la stabilité et la répétabilité des prises de vue priment, qu’à l’essentiel des prises de vue en communication et audiovisuel : plans larges, travellings aériens, valorisation d’un site. Sauf mention contraire, un drone professionnel désigne ce type d’appareil.
Drone FPV
Drone piloté en vue subjective (First Person View) : le pilote voit en direct, via un casque vidéo, l’image retransmise par la caméra embarquée, ce qui permet des trajectoires et des mouvements bien plus dynamiques qu’un drone stabilisé classique. Nous l’utilisons pour des besoins de communication et d’audiovisuel. Notre drone FPV, un DJI Avata 2, est caréné : ses hélices protégées limitent fortement les risques en cas de contact avec un obstacle, ce qui permet de le faire voler en extérieur comme en intérieur, avec le même appareil. Voir le détail de notre matériel drone professionnel.
Relevés et modélisation : ce que produit une mission drone
Orthophotographie (ou orthophoto)
Une orthophoto est une image aérienne corrigée des déformations de perspective, à l’échelle et géoréférencée : on peut y mesurer des distances et des surfaces comme sur un plan. C’est le livrable de base d’une inspection de toiture par photogrammétrie, où elle permet de visualiser une couverture entière sur une seule image, désordres localisés à l’appui.
Nuage de points
Ensemble de millions de points en trois dimensions, calculés à partir des centaines de photos prises pendant le vol. Chaque point porte une position (X, Y, Z) et souvent une couleur. C’est la matière première de tout relevé photogrammétrique : cubature, modèle 3D et plans en sont ensuite extraits.
Modèle numérique de terrain (MNT) et modèle numérique de surface (MNS)
Le MNS représente la surface visible depuis les airs (toits, végétation, engins de chantier compris). Le MNT ne conserve que le sol nu, en retirant ce qui repose dessus. La différence entre les deux sert par exemple à calculer un volume de déblai ou de remblai sur un chantier de terrassement.
Cubature
Calcul du volume d’un tas de matériaux, d’une fouille ou d’un stock, à partir du nuage de points. Utilisé sur les chantiers de terrassement pour facturer un volume réellement extrait ou suivre l’avancement d’un décaissement, sans mesure au sol fastidieuse.
Modèle 3D texturé
Version « habillée » du nuage de points : une surface maillée sur laquelle les photos réelles sont plaquées comme une texture. Le résultat se manipule, se fait pivoter et s’intègre dans une maquette BIM ou un logiciel de conception, contrairement à une simple photo.
GSD (résolution au sol)
Le Ground Sample Distance indique la taille réelle représentée par un pixel de l’image, par exemple 5 mm/pixel. Plus le GSD est petit, plus le relevé est précis, et plus le vol est long puisque le drone doit voler bas et multiplier les photos. C’est le premier chiffre à demander pour comparer deux devis de relevé.
Précision et géoréférencement
Point de contrôle au sol (GCP)
Cible matérialisée au sol et mesurée au centimètre près avant le vol, qui sert de repère pour caler précisément le relevé dans le système de coordonnées réel. Sans point de contrôle au sol, un relevé reste cohérent en interne mais peut être décalé de plusieurs mètres par rapport au terrain.
RTK (Real Time Kinematic)
Technique de positionnement satellite qui corrige la position du drone en temps réel grâce à une station de référence, pour une précision centimétrique dès le vol. Elle réduit fortement, sans toujours l’éliminer, le besoin de multiplier les points de contrôle au sol.
PPK (Post-Processed Kinematic)
Même principe que le RTK, mais la correction est calculée après le vol plutôt qu’en temps réel. Plus robuste dans les zones où la liaison radio ou réseau est instable, au prix d’un traitement différé des données.
Thermographie infrarouge
Thermographie
Technique d’imagerie qui capte le rayonnement infrarouge émis par une surface pour en déduire sa température, sans contact. Sur une installation photovoltaïque, elle révèle des anomalies invisibles à l’œil nu et sans interrompre la production. Voir notre page thermographie par drone.
Point chaud (hot spot)
Zone qui affiche une température anormalement élevée par rapport à son environnement immédiat sur une image thermique. Sur un module photovoltaïque, un point chaud signale souvent une cellule défaillante, une micro-fissure ou une connexion défectueuse, avant qu’elle ne dégrade le rendement de l’ensemble.
Réglementation et pilotage
Télépilote
Personne qui pilote un drone à distance et en assume la responsabilité opérationnelle. En usage professionnel, elle doit détenir une attestation de compétence théorique et suivre une formation pratique adaptée aux scénarios de vol réalisés.
Catégorie « ouverte » et catégorie « spécifique »
Le cadre européen classe les vols par niveau de risque plutôt que par le seul poids de l’appareil. La catégorie ouverte couvre les vols à risque faible, dans les limites fixées par la classe du drone utilisé. La catégorie spécifique regroupe les opérations à risque modéré, c’est-à-dire toute exploitation qui ne satisfait pas aux exigences de la catégorie ouverte (vol au-delà de la vue directe, par exemple). Selon le cas, elle est soumise à une simple déclaration préalable (pour les opérations correspondant à un scénario standard reconnu) ou à une autorisation délivrée par la DSAC, qui s’appuie alors sur une analyse de risque propre à l’opération. Un même télépilote peut être qualifié pour la catégorie spécifique et réaliser l’essentiel de ses missions en catégorie ouverte : ce sont deux notions distinctes, l’une portant sur la compétence du pilote, l’autre sur le cadre réglementaire du vol réalisé.
Marquage de classe (C0 à C6)
Étiquette apposée par le fabricant sur un drone, qui indique dans quelle catégorie il peut évoluer et sous quelles conditions. Les classes C0 à C4 relèvent de la catégorie ouverte, avec des règles de distance aux personnes propres à chacune. Les classes C5 et C6 relèvent de la catégorie spécifique, dans le cadre de scénarios standards définis par la réglementation. Un drone de classe C2, comme le DJI Matrice 4T ou le Mavic 3 Enterprise, reste en catégorie ouverte et permet un usage exclusivement professionnel en agglomération, sans nécessiter de conversion vers une classe C5 ou C6.
CATS
Certificat théorique attestant du niveau de compétence requis pour opérer en catégorie spécifique. Il ne présume pas de la catégorie dans laquelle une mission donnée est réellement réalisée : un télépilote titulaire du CATS peut mener l’essentiel de ses missions en catégorie ouverte, lorsque le contexte ne justifie pas de basculer en catégorie spécifique.
CTR (zone de contrôle terminale)
Espace aérien contrôlé qui entoure un aéroport, généralement du sol jusqu’à une altitude de l’ordre de 1 000 à 1 200 m, destiné à protéger les trajectoires de décollage et d’atterrissage des vols commerciaux. Une CTR n’interdit pas le vol de drone, mais le soumet à une hauteur plafond en l’absence d’accord spécifique : au-delà de 50 m, il faut un protocole d’accord avec l’exploitant de l’aéroport, qui fixe la zone, l’horaire et la hauteur maximale autorisés pour la mission. C’est le cas, par exemple, de la CTR de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, où ce protocole s’obtient en général sous deux jours. Voir notre article sur le déroulé d’une mission drone professionnelle pour le détail de cette démarche.
Déclaration en préfecture
Formalité obligatoire dès lors que le vol survole l’espace public dans une commune classée en agglomération aéronautique, ou plus largement en zone peuplée. Elle se fait via le formulaire Cerfa n° 15476*04. Le délai légal de dépôt est de 10 jours ouvrables avant le vol, un délai fixe qui ne varie pas d’une préfecture à l’autre. Dans des cas exceptionnels et justifiés, il est possible de demander à ne pas respecter ce préavis. C’est un des points à vérifier systématiquement sur un devis, comme détaillé dans notre article sur le déroulé d’une mission drone professionnelle. Pour une vue d’ensemble des obligations d’un prestataire, voir notre article sur la réglementation du drone professionnel.
Certification DronEdifice
Certification spécifique à l’inspection du bâtiment par drone, qui atteste d’une méthodologie et d’une compétence technique dédiées à ce secteur, au-delà du seul brevet de télépilote. Drones Icare est certifié DronEdifice RS5523.
Livrables pour les métiers techniques
BIM (Building Information Modeling)
Maquette numérique d’un bâtiment qui centralise ses caractéristiques géométriques et techniques. Un modèle 3D texturé issu d’un relevé drone peut s’y intégrer comme état des lieux ou base de conception, pour les bureaux d’études et les architectes.
SIG (Système d’Information Géographique)
Outil qui superpose et analyse des données géolocalisées : parcelles, réseaux, orthophotos, courbes de niveau. Les relevés drone géoréférencés s’y importent directement, ce qui intéresse particulièrement les collectivités et les géomètres.
DAO (Dessin Assisté par Ordinateur)
Logiciels de plans et de dessin technique (façades, coupes, plans de masse). Un relevé par photogrammétrie fournit une base fidèle pour tracer ces plans sans reprendre de mesures sur site.
Un devis qui parle de « photos de drone » sans préciser GSD, méthode de géoréférencement ni format de livrable ne permet pas de savoir ce que vous allez réellement recevoir.
Un terme technique manque à l’appel ?
Décrivez-nous votre projet et le résultat attendu : nous traduisons vos besoins en une méthode et un livrable compréhensibles, sans jargon inutile.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une photo aérienne et une orthophoto ?
Une photo aérienne classique est prise en perspective : les distances et les surfaces s’y déforment selon l’angle de prise de vue. Une orthophoto est recalée mathématiquement pour supprimer ces déformations et rendre l’image mesurable à l’échelle, comme un plan.
RTK ou PPK : lequel est le plus précis ?
Les deux offrent une précision centimétrique équivalente. Le RTK corrige la position en temps réel pendant le vol, le PPK après coup à partir des données enregistrées. Le choix dépend surtout des conditions du site, notamment de la qualité du signal réseau.
Un point de contrôle au sol est-il toujours nécessaire avec un drone RTK ?
Pas systématiquement, mais fortement recommandé sur les relevés qui exigent une précision maximale ou un contrôle indépendant du système embarqué. Le point de contrôle au sol sert aussi de vérification : il permet de mesurer l’écart réel entre le relevé et le terrain.
Qu’est-ce qu’un bon GSD pour une inspection de toiture ?
Pour repérer une tuile fissurée ou un défaut de faîtage, un GSD de l’ordre de 3 à 5 mm/pixel est généralement suffisant. Des besoins de mesure plus fine, par exemple en expertise après sinistre, peuvent justifier un GSD plus serré.
La thermographie par drone nécessite-t-elle d’arrêter l’installation inspectée ?
Non. La thermographie se fait sans contact et sans interrompre la production de l’installation photovoltaïque, ce qui permet de la programmer sans impact sur son rendement.