06 87 23 13 60
Méthode

Drone et vie privée : RGPD, droit à l’image et voisinage

Un drone qui survole un jardin ou une rue soulève une question légitime : que devient l’image si quelqu’un s’y trouve ? Voici ce que dit la loi, et surtout ce que nous faisons concrètement, avant même de traiter une image, pour que la vie privée des personnes qui ne sont pas concernées par la mission reste protégée.

Drone en vol au-dessus d’un environnement urbain dense à Bordeaux, caméra orientée vers l’axe de la rue
Drone en vol au-dessus d’un environnement urbain dense à Bordeaux, caméra orientée vers l’axe de la rue

Ce que dit la loi, en résumé

Le droit de propriété au sol ne donne pas une maîtrise absolue de l’espace aérien : c’est la réglementation aérienne qui encadre en premier lieu la circulation des drones. Nous détaillons ce volet — autorisations, déclarations, démarches selon la zone — dans notre article sur la réglementation du drone professionnel. Ici, la question est différente : que devient une image une fois captée ?

Deux régimes juridiques s’appliquent dès qu’une personne est identifiable sur une prise de vue. Le droit à l’image d’abord : la jurisprudence le déduit du droit au respect de la vie privée posé par l’article 9 du Code civil, et le Code pénal sanctionne la captation d’une personne dans un lieu privé sans son consentement (voir la fiche droit à l’image sur service-public.fr). Et le RGPD, dès lors qu’un professionnel traite des images où des personnes sont identifiables, directement ou indirectement — un visage, une plaque d’immatriculation, un élément distinctif. Ce cadre s’applique à toute activité professionnelle, y compris lorsque la captation d’un tiers est incidente et non recherchée.

Éviter de capter, avant même de traiter

La meilleure protection reste celle qui s’applique en amont, au moment du pilotage, plutôt qu’au montage. Sauf lorsque le sujet même de la mission est une personne, le cadrage est pensé pour qu’aucune personne ni aucun véhicule ne soit identifiable — par la distance, ou par un angle qui évite les visages et les plaques d’immatriculation. Sur les propriétés voisines qui ne sont pas l’objet de la mission, le cadrage évite également de trop montrer l’environnement immédiat qui permettrait d’identifier précisément le bien.

Télépilote préparant un vol en environnement urbain, avec un confrère assurant le contrôle des flux de passants au sol, cône de signalisation visible
Sur les missions en zone urbaine dense, un observateur qualifié gère les flux de passants pendant toute la durée du vol.

Un exemple concret : sur une inspection de toiture en plein centre de Bordeaux, le drone ne décolle jamais face à une façade. La caméra reste orientée dans l’axe de la rue ou vers le sol pendant toute la phase de décollage, pour ne pas capter des personnes présentes près des fenêtres ou des ouvertures. La mission ne commence réellement, avec un cadrage tourné vers la toiture, qu’une fois le drone au-dessus de l’ouvrage.

Ce que devient une image où un tiers apparaît malgré tout

Malgré ces précautions, une personne peut apparaître incidemment sur une image brute. Deux cas se présentent, selon la nature de la mission.

Sur une mission technique — inspection ou relevé photogrammétrique — une personne visible sur une photo brute destinée à un usage interne (rapport, orthophoto, modèle 3D) n’a pas d’impact : elle ne se retrouve pas identifiable dans le livrable final, qui se concentre sur le bâti, et l’image brute n’est jamais diffusée publiquement, que ce soit sur Internet, dans la presse ou ailleurs.

Sur une mission audiovisuelle — vidéo de communication d’entreprise ou captation destinée à être diffusée — la règle est plus stricte : tout plan montrant une personne extérieure à la mission et clairement identifiable est soit écarté au montage, soit flouté ou recadré en post-production. S’il ne peut être exploité sans identifier cette personne, il est purement et simplement supprimé. Même logique pour un véhicule dont la plaque resterait lisible.

C’est cette règle qui s’applique par exemple sur le film des vœux du Maire de Carbon-Blanc, tourné chaque année avec la présence du public : les personnes visibles à l’image ne sont identifiables ni de dos ni à distance, sont floutées, ou ont explicitement donné leur droit à l’image.

Se présenter aux voisins, une pratique volontaire

En zone pavillonnaire ou résidentielle dense, nous nous présentons systématiquement aux voisins immédiats avant le vol — pas seulement comme une formalité, mais parce que le relationnel compte dans cette activité. Un drone qui survole une rue ou un jardin sans que personne n’en connaisse la raison peut légitimement être perçu comme intrusif. En expliquant en personne qui nous sommes et l’objet de la mission, la méfiance laisse généralement place à la curiosité — nous sommes d’ailleurs toujours contents de saisir l’occasion pour partager et faire découvrir notre activité — et la mission se déroule dans de bien meilleures conditions.

Une question sur la confidentialité de votre projet ?

Copropriété, site sensible, environnement résidentiel dense : parlons de vos contraintes avant le devis. Réponse sous 24 h ouvrées.

Questions fréquentes

Le RGPD s’applique-t-il aux photos et vidéos prises par un drone professionnel ?

Oui, dès qu’une personne est identifiable sur une image — directement ou indirectement, par un visage, une plaque d’immatriculation ou un élément distinctif — et que la prise de vue s’inscrit dans une activité professionnelle. Les métadonnées associées à l’image (date, heure, position géographique précise) renforcent encore ce cadre : combinées à une personne identifiable, elles apportent une information plus précise que la seule photo, ce qui justifie une vigilance particulière sur leur diffusion. C’est le cas de toute mission réalisée par un prestataire drone, même lorsque la captation d’un tiers est incidente.

Un drone peut-il filmer l’intérieur de ma maison ou mon jardin par une fenêtre ?

Le droit à l’image et la vie privée protègent un lieu privé même survolé légalement. Chez Drones Icare, le cadrage évite volontairement ce type de prise de vue : la caméra n’est jamais orientée vers des ouvertures ou des propriétés qui ne sont pas l’objet de la mission.

Que devient une photo où j’apparais par hasard lors d’une mission drone ?

Cela dépend de l’usage. Sur une mission technique (inspection, relevé 3D), l’image brute reste un usage interne et n’est jamais diffusée publiquement ; vous n’apparaissez pas dans le livrable final. Sur une mission audiovisuelle destinée à être diffusée, un plan où vous êtes identifiable est écarté, flouté ou supprimé.

Puis-je demander à un prestataire de supprimer une image me concernant ?

Oui, c’est l’un des droits garantis par le RGPD dès lors que vous êtes identifiable sur une image traitée par un professionnel. Contactez-nous directement si une situation de ce type se présente.

Un prestataire drone doit-il prévenir les voisins avant de voler ?

Ce n’est pas une obligation légale systématique, mais c’est une pratique que nous appliquons en zone résidentielle dense : nous nous présentons aux voisins immédiats avant le vol, pour expliquer la mission et éviter tout malentendu.

Nicolas Le Bigot, télépilote professionnel et gérant de Drones Icare
Nicolas Le Bigot
Télépilote professionnel et gérant de Drones Icare

Nicolas Le Bigot applique ces principes sur chaque mission, technique ou audiovisuelle. Le respect de la vie privée des tiers n’est pas qu’une contrainte réglementaire : c’est aussi ce qui conditionne la qualité de la relation avec le voisinage sur chaque site, mission après mission.

DronEdifice RS5523 Conforme réglementation UE Gironde et Nouvelle-Aquitaine
À lire aussi

Nos autres publications

Parlons de votre projet

Un site à survoler en toute confiance ?

Inspection, thermographie, relevé 3D ou captation : chaque mission est cadrée pour protéger les personnes qui ne sont pas concernées par le projet.

Demander un devis gratuit 06 87 23 13 60 Réponse sous 24 h ouvrées, sans engagement
Appeler Devis gratuit