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Toiture endommagée après une tempête : le constat par drone pour l’assurance

Après un coup de vent ou un orage de grêle, la question n’est pas seulement de savoir si la toiture a souffert. Il faut aussi pouvoir le montrer : à l’assureur, à l’expert qu’il mandate, au couvreur qui chiffrera les réparations. Un constat par drone documente l’état de la couverture sans que personne ne monte sur le toit. Voici ce qu’il apporte réellement au dossier, ce qu’il ne remplace pas, et les contraintes à connaître avant de le programmer.

Tuiles cassées et déplacées sur une toiture, photographiées au zoom par drone sans contact avec la couverture
Tuiles cassées et déplacées sur une toiture, photographiées au zoom par drone sans contact avec la couverture

Pourquoi documenter vite, et sans monter sur le toit

Un contrat multirisque habitation ou immeuble impose de déclarer un sinistre dans un délai court, indiqué dans les conditions générales (le plus souvent cinq jours ouvrés pour un dégât causé par la tempête ou la grêle). Il demande aussi, en général, de prendre les mesures conservatoires qui limitent l’aggravation des dommages : bâchage, remise en place provisoire de tuiles. Ces deux obligations se heurtent : une fois la toiture bâchée, l’état d’origine n’est plus visible.

Monter sur une toiture fragilisée pour la photographier est précisément ce qu’il ne faut pas faire. Tuiles déplacées, liteaux cassés, couverture glissante : le risque de chute est réel, et une photo prise au smartphone depuis le faîtage montre rarement l’ensemble des dégâts. Le drone permet de figer la situation avant les travaux provisoires, depuis le sol, sans exposer personne.

Ce qu’un constat par drone documente concrètement

Un survol de toiture après intempéries combine deux types de prises de vue, complémentaires :

  • des vues d’ensemble de chaque pan, qui situent les dégâts les uns par rapport aux autres et montrent l’étendue réelle du sinistre
  • des gros plans au zoom sur chaque point sensible : tuiles ou ardoises déplacées, faîtage décroché, solins arrachés, souches de cheminée, gouttières, antennes, verrières, sans approcher le drone de la couverture
Faîtage dégradé photographié au zoom par drone lors d’une inspection de toiture
Faîtage dégradé relevé au zoom, sans approcher la couverture. Le type de détail qu’un constat doit montrer, et qu’aucune photo prise depuis le sol ne capte.

Sur une toiture étendue ou complexe, un relevé par photogrammétrie va plus loin : il produit une orthophoto à l’échelle sur laquelle chaque défaut est localisé et mesurable. C’est la méthode que nous détaillons dans notre article sur la localisation des défauts par photogrammétrie. Pour un sinistre, cela permet par exemple d’estimer la surface de couverture à reprendre, une donnée directement utile au couvreur qui établit le devis.

Une photo montre qu’un dégât existe. Une orthophoto montre où il se trouve, quelle surface il concerne et ce qui l’entoure. C’est ce second niveau d’information qui évite les allers-retours entre l’expert, le couvreur et l’assuré.

Le survol fait aussi apparaître ce qui n’est pas encore un dégât, mais pourrait le devenir au prochain coup de vent. Lors d’une inspection en copropriété à Bordeaux, nous avons ainsi relevé un mât d’antenne simplement posé sur la couverture, sans fixation indépendante. Sous l’effet du vent, son poids et ses mouvements sollicitent directement les tuiles, et le mât peut basculer ou être emporté. Repéré avant la saison des tempêtes, ce type d’élément se corrige simplement ; découvert après, il s’ajoute à la liste des dommages.

Mât d’antenne TV posé directement sur une toiture en tuiles, sans fixation indépendante, vu par drone
Mât d’antenne posé sur la couverture, sans fixation indépendante, relevé lors d’une inspection en copropriété à Bordeaux. Un point de fragilité exposé au vent, invisible depuis la rue.

Ce que le drone ne remplace pas

Il faut être clair sur ce point, parce qu’il conditionne l’utilité du constat :

  • le drone ne remplace pas l’expert d’assurance. C’est lui qui qualifie le sinistre, en établit la cause et chiffre l’indemnisation. Le constat aérien est une pièce qu’il peut exploiter, pas une conclusion
  • il ne voit que l’extérieur de la couverture. Une infiltration sous les tuiles, un écran de sous-toiture déchiré ou une charpente touchée demandent une vérification depuis les combles
  • il ne remplace pas non plus le diagnostic du couvreur, qui reste seul à pouvoir dire comment réparer, avec quels matériaux et à quel coût

Bien utilisé, il fait gagner du temps à chacun de ces intervenants : l’expert peut parfois instruire le dossier sur pièces, le couvreur chiffre sans installer d’échafaudage pour un simple repérage.

Solin d’étanchéité partiellement arraché en rive de toiture, à proximité de la gouttière, vu par drone
Solin arraché en rive, près de la gouttière. Le drone montre le désordre ; l’éventuelle infiltration qu’il provoque se vérifie depuis l’intérieur.

Les contraintes à connaître avant de programmer le vol

Un constat par drone n’est pas toujours possible le lendemain de la tempête. Deux contraintes entrent en jeu, et il vaut mieux les connaître avant d’appeler :

  • la météo : tant que le vent reste fort ou que la pluie continue, le vol est reporté. Ce n’est pas une précaution de principe, c’est ce qui garantit des images nettes et un vol sûr au-dessus d’une toiture déjà fragilisée
  • la réglementation : dans une commune classée en agglomération, un vol qui survole l’espace public doit être déclaré en préfecture au moins 10 jours ouvrables à l’avance. Une dérogation à ce préavis peut être demandée dans des cas exceptionnels et justifiés, mais elle n’est pas automatique. À proximité de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, une coordination supplémentaire s’ajoute

En pratique, nous indiquons dès le premier échange le délai réaliste pour votre adresse. Si le vol ne peut pas avoir lieu avant les travaux provisoires, quelques photos prises depuis le sol ou depuis une fenêtre, avant le bâchage, restent utiles au dossier. Le détail des démarches et de ce qu’il faut vérifier chez un prestataire figure dans notre article sur la réglementation du drone professionnel.

Faut-il faire certifier les images ?

Dans la grande majorité des sinistres de toiture, des images datées, localisées et remises dans un rapport clair suffisent : l’assureur et son expert les exploitent sans discussion. La question change quand l’enjeu financier est important ou qu’un litige se profile : recours contre un tiers, désaccord sur la cause du sinistre, contestation de l’état antérieur.

Une photo numérique se modifie facilement, et la diffusion des images retouchées ou générées par intelligence artificielle rend ce risque plus concret. Des solutions de certification à la source existent désormais pour y répondre. Le principe :

  • une empreinte cryptographique est calculée pour chaque fichier au moment de la capture : la moindre modification ultérieure devient détectable
  • un horodatage sécurisé et les métadonnées de vol (position, matériel, télépilote) sont scellés avec l’image
  • une signature électronique identifie l’auteur du constat

Ce type de procédé renforce la valeur probante des images, au sens de l’article 1366 du Code civil qui reconnaît l’écrit électronique dès lors que son auteur est identifié et son intégrité garantie. Il ne les rend pas incontestables : en cas de litige, c’est le juge qui apprécie la force d’une preuve. Pour les dossiers les plus sensibles, le dépôt des fichiers auprès d’un commissaire de justice reste la solution la plus solide. Lorsque l’enjeu le justifie, nous en parlons avec vous avant la mission, pour choisir le niveau de preuve adapté au dossier.

Pour qui, et ce que contient le livrable

Le constat après intempéries répond à des besoins différents selon l’interlocuteur :

  • un propriétaire qui veut appuyer sa déclaration de sinistre avec des images complètes, avant les travaux provisoires
  • un syndic ou un conseil syndical, pour un immeuble dont la toiture n’est visible depuis aucun logement, comme dans notre étude de cas en copropriété à Bordeaux
  • un cabinet d’expertise qui a besoin de pièces annexes fiables sur une toiture inaccessible, sans mobiliser de nacelle
  • un expert judiciaire désigné par le tribunal, qui peut solliciter l’avis d’un technicien d’une autre spécialité que la sienne (article 278 du Code de procédure civile). Le vol peut alors se dérouler pendant la réunion d’expertise, en présence des parties, et les images certifiées si le dossier l’exige
  • un couvreur qui veut chiffrer précisément la reprise avant d’intervenir

Le livrable réunit les vues d’ensemble, les gros plans repérés sur un plan de la toiture, la date et les conditions du vol, et, si un relevé photogrammétrique a été réalisé, l’orthophoto avec les zones endommagées. Pour le détail de la prestation, voir notre page inspection de toiture par drone à Bordeaux, et pour les ordres de grandeur, notre article sur le prix d’une inspection de toiture par drone.

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Indiquez-nous l’adresse, le type de bâtiment et les dégâts constatés depuis le sol. Nous vous répondons sous 24 h ouvrées avec un créneau réaliste et un devis.

Questions fréquentes

Un constat par drone est-il accepté par les assurances ?

Les images issues d’un drone sont des pièces comme les autres : l’assureur et son expert les examinent pour instruire le dossier. Elles sont d’autant plus utiles qu’elles sont complètes, datées et localisées. Elles ne remplacent pas l’expertise, qui reste décidée et conduite par l’assureur.

Faut-il attendre l’expert avant de faire bâcher la toiture ?

En général non : le contrat demande de prendre les mesures conservatoires qui limitent l’aggravation des dommages. L’enjeu est de documenter l’état de la toiture avant ces travaux provisoires, par drone si c’est possible, ou par quelques photos prises depuis le sol à défaut. En cas de doute, votre assureur vous indique la marche à suivre.

Peut-on faire voler un drone juste après une tempête ?

Pas toujours. Le vol est reporté tant que le vent reste fort ou que la pluie continue. En agglomération, un vol qui survole l’espace public doit en plus être déclaré en préfecture 10 jours ouvrables à l’avance, sauf dérogation accordée dans des cas exceptionnels. Nous indiquons le délai réaliste dès le premier échange.

Le drone peut-il détecter une infiltration sous la toiture ?

Il ne voit que l’extérieur de la couverture : tuiles déplacées, faîtage, solins, cheminées, gouttières. Une infiltration ou un dégât sur la charpente se vérifie depuis les combles. Le constat aérien aide en revanche à repérer les zones à contrôler en priorité à l’intérieur.

Qu’est-ce qu’une image certifiée à la source ?

C’est une image dont l’intégrité est scellée dès la capture par une empreinte cryptographique, un horodatage et une signature électronique : toute modification ultérieure devient détectable. Cela renforce sa valeur probante en cas de litige, sans la rendre incontestable, puisque c’est le juge qui apprécie la preuve.

Nicolas Le Bigot, télépilote professionnel et gérant de Drones Icare
Nicolas Le Bigot
Télépilote professionnel et gérant de Drones Icare

Le drone documente un état, il ne qualifie pas un sinistre. La décision de prise en charge appartient à l’assureur et à son expert : notre rôle est de leur fournir des images complètes, localisées et datées, sur lesquelles ils peuvent travailler sans monter sur le toit.

DronEdifice RS5523 Conforme réglementation UE Gironde et Nouvelle-Aquitaine
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