Fin de garantie photovoltaïque : faire inspecter son installation avant l’échéance
Une installation photovoltaïque est couverte par plusieurs garanties, chacune avec sa date d’échéance. Passé cette date, un défaut qui aurait été pris en charge devient une dépense pour l’exploitant. Encore faut-il l’avoir repéré à temps, et pouvoir le démontrer. Une inspection thermographique réalisée avant la fin de garantie dresse un état précis de l’installation, module par module, au moment où il est encore utile.
Deux garanties, deux échéances à ne pas laisser passer
Les deux garanties qui motivent le plus souvent une inspection n’ont ni la même durée, ni le même interlocuteur.
- La garantie de parfait achèvementElle court pendant un an à compter de la réception des travaux. L’installateur doit reprendre les désordres signalés pendant cette année, soit par des réserves au procès-verbal de réception, soit par une notification écrite. Un défaut découvert après l’échéance ne relève plus de cette garantie.
- La garantie produit des modulesAccordée par le fabricant, elle couvre les défauts de fabrication des panneaux, souvent sur 10 à 25 ans selon les marques. À l’approche de son terme, c’est la dernière occasion de faire remplacer un module défectueux sans frais. Le fabricant demande en général des éléments démontrant le défaut.
Dans les deux cas, la logique est la même : un défaut n’est pris en charge que s’il est repéré, documenté et signalé avant la date limite.
Une installation récente peut déjà montrer des faiblesses
Une installation neuve n’est pas forcément exempte d’anomalies. Un écart de fabrication, un raccordement imparfait ou une contrainte mécanique subie pendant la pose peuvent n’apparaître qu’après plusieurs mois de production.
Sur une installation d’un à deux ans, on commence souvent à voir des modules qui présentent des faiblesses. Ce ne sont pas toujours des défauts caractérisés, plutôt des points à surveiller : un léger échauffement, un module qui se comporte un peu différemment de ses voisins. Leur évolution peut conduire à un vrai défaut dans les années suivantes. Les repérer tôt permet de les signaler pendant la garantie, puis de suivre leur évolution.
Ce que l’inspection apporte avant l’échéance
- un instantané de l’installation, module par module, à une date connue
- des éléments objectifs pour un recours : chaque anomalie est localisée, photographiée en thermique et en visible, avec les conditions de mesure relevées
- un état de référence pour suivre le vieillissement de l’installation lors des inspections suivantes
- une base pour cibler la maintenance, plutôt que de remplacer des modules au hasard
Ce dernier point est souvent sous-estimé. Une inspection qui ne trouve aucun défaut majeur n’est pas inutile : elle fixe le point de départ. Deux ou trois ans plus tard, on pourra dire si un module a réellement évolué, ou s’il se comportait déjà ainsi le premier jour.
Un exemple : une centrale de 2 300 m² avant la fin de sa garantie
L’exploitant d’un site industriel en Gironde, équipé d’une centrale de près de 2 300 m² sur une toiture en sheds, a fait réaliser une inspection complète quelques mois après la mise en service, avant l’échéance de la garantie de parfait achèvement. L’objectif n’était pas de chercher une panne connue, mais de contrôler l’ensemble de l’installation tant que la garantie pouvait jouer.
Résultat : aucun hotspot caractéristique ni défaut majeur, mais un échauffement d’environ 6 °C sur trois modules consécutifs, classé point de vigilance et consigné au rapport pour servir de référence. Le détail de la mission est présenté dans notre étude de cas sur l’inspection de cette centrale.
Le bon moment : avancer l’inspection plutôt que la repousser
Un module en défaut ne se révèle en thermographie que lorsqu’il produit fortement. Il faut donc un ensoleillement soutenu, un ciel clair et un vent faible. Ces conditions sont réunies le plus souvent au printemps et en été.
Mieux vaut en tenir compte, quitte à avancer un peu l’inspection par rapport à la date de fin de garantie. Si votre garantie de parfait achèvement expire en décembre, programmer l’inspection pendant l’été précédent est plus sûr qu’attendre le dernier mois. Une inspection reste possible en dehors de cette période, à condition d’obtenir un ensoleillement satisfaisant le jour du vol. Mais en hiver, ces journées sont plus rares et le contraste thermique plus faible.
- Repérer la date d’échéanceDans le procès-verbal de réception pour la garantie de parfait achèvement, dans le contrat du fabricant pour la garantie produit.
- Programmer l’inspection à la belle saison précédentePour bénéficier de bonnes conditions de mesure, et garder de la marge en cas de météo défavorable.
- Transmettre le rapport par écrit avant l’échéanceÀ l’installateur ou au fabricant, selon la garantie concernée, en laissant le temps d’une réponse.
- Conserver le rapport comme référenceIl servira de point de comparaison pour les inspections suivantes.
Ce que vous recevez
Un rapport PDF avec les images thermiques annotées, les photographies en visible associées et les conditions de mesure du jour, chaque anomalie étant située sur l’installation. Les points de vigilance y sont distingués des défauts avérés, pour que votre interlocuteur sache exactement ce qui relève de la garantie et ce qui reste à surveiller. Le déroulé, les livrables et les tarifs sont détaillés sur notre page thermographie photovoltaïque par drone.
Une garantie arrive bientôt à échéance ?
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Questions fréquentes
Que couvre la garantie de parfait achèvement d’une installation photovoltaïque ?
Elle oblige l’installateur à reprendre, pendant un an après la réception des travaux, les désordres signalés soit dans le procès-verbal de réception, soit par écrit pendant cette année. Ce qui n’a pas été signalé avant l’échéance n’en relève plus. Les conditions précises figurent dans vos documents de réception.
Combien de temps avant la fin de garantie faut-il faire l’inspection ?
Le plus sûr est de la programmer au printemps ou en été précédant l’échéance, quand l’ensoleillement permet une mesure fiable, et en laissant le temps de transmettre le rapport et d’obtenir une réponse. Attendre le dernier mois expose à une météo défavorable.
Peut-on faire l’inspection en hiver ?
Oui, si l’ensoleillement est satisfaisant le jour du vol. Mais ces journées sont plus rares en hiver et le contraste thermique plus faible : certains défauts discrets peuvent passer inaperçus. Pour une inspection de fin de garantie, la belle saison reste préférable.
Le rapport suffit-il pour obtenir une prise en charge ?
La décision appartient à l’installateur ou au fabricant, selon la garantie concernée. Le rapport leur fournit des éléments objectifs : chaque anomalie localisée, photographiée en thermique et en visible, avec les conditions de mesure relevées. C’est ce qui permet une discussion sur des faits plutôt que sur des impressions.